CRA-CRA

Charles DESPIAU

Plâtre original signé  « C. Despiau » et daté 1918
H.30 x L. 18,5 x P. 19 cm.
Circa 1918

Œuvre en rapport : Cra-cra, bronze, Musée de Grenoble, dépôt N° 49461

Bibliographie: Jean Alazard, « L’art de Charles Despiau », Gazette des Beaux-arts, 1939, p. 103 à 117 ; Arsène Alexandre, « Charles Despiau : essai sur l’âme de la sculpture », La Renaissance de l’art français, 1928, p. 52 à 59, modèle cité p. 58 ; Jacques Guenne, «  Portraits d’artistes : Charles Despiau », L’Art vivant, 1930, p. 225 à 235, modèle cité p. 233 et reproduit p. 242 ; Elisabeth Lebon, Charles Despiau Classique et moderne, Biarritz, 2016, modèle reproduit p. 68; A.-H. Martinie, «  Charles Despiau », L’Amour de l’art, 1929, p. 377 à 388, modèle cité p. 383 ; Jean-Louis Vaudoyer, «  Charles Despiau », L’Art vivant, 1925, p. 9 à 11.

 

Description

 

Cet adorable petit buste appartient à la série des portraits qui ont fait la gloire de Charles Despiau et qui débute en 1904 avec la Petite fille des Landes. C’est surtout dans l’étude du visage humain qu’il applique les principes de son esthétique qui ne recherche pas la ressemblance. Il ordonne les plans et les volumes les uns par rapport aux autres, fait jouer la lumière et, quand l’ensemble est bien à sa place, la ressemblance vient d’elle-même… Il dit de lui-même : « Je ne suis qu’un sculpteur et ne m’exprime que par des moyens plastiques. Lorsque j’analyse une tête mon but est avant tout de découvrir son rythme essentiel, d’en ordonner les différentes parties et de les relier les unes aux autres par des transitions vraies. Je m’efforce, non pas de décrire tel ou tel détail pittoresque ou tel état d’âme, mais de réaliser l’accord entre des éléments sculpturaux que j’exalte. A cette condition, je fais œuvre durable, organisée. Alors, mes bustes atteignent à une ressemblance profonde ; ils commencent véritablement à vivre : je crois entendre leur voix » (Gazette des Beaux-arts, cité, p. 108).

Effectivement aucun ornement ne vient agrémenter ses bustes aux lignes sculpturales sobres, au modelé délicat, qui rayonnent de noblesse, d’équilibre et de clarté.

Notre fillette avec ses deux couettes est sans doute une des rares exceptions à ce principe. Peut-être Charles Despiau s’en est-il douté puisque le modèle existe également dans une version sans couette. Avec ou sans, un charme incontestable émane de cette « vraie petite fleur en bouton » (La Renaissance de l’art français, cité, p. 58) où se lit tout l’étonnement et l’ingénuité de l’enfance. Il s’agit de Lucienne Mouveau, fille du décorateur de théâtre Georges Mouveau, que Despiau rencontre pendant sa mobilisation durant la 1ère Guerre mondiale, dans la section des ateliers du Camouflage de Chantilly. Le modèle a été élaboré à partir de 1916, tandis que notre plâtre est daté de 1918. En effet, après le modelage en terre, l’artiste avait pour habitude de réaliser plusieurs états de ses épreuves en plâtre. Ce sont ces différents états qui lui permettent d’arriver par approximation à sa vérité, celle qui a pleinement justifié son surnom de « Donatello » de la sculpture moderne (Gazette des Beaux-arts, cité, p. 107). Notre plâtre est donc un plâtre original d’atelier d’un de ces états, qui a été tiré en bronze du vivant de l’artiste à huit exemplaires.