LA CEINTURE DORÉE (1874)

Charles Adrien Prosper D’ÉPINAY

Bronze à patine brun nuancé et doré, signé «P D Epinay Rome »
Fonte de Nelli porte la marque du fondeur  « NELLI ROMA »
H. 46 x L. 13 x P. 11,5 cm
Circa 1880

Bibliographie : Camille, Variations sur Ceinture dorée, « L’artiste », 1874, Tome II, page 32 à 35 ; Patricia Roux Foujols, Prosper d’Épinay (1836-1914). Un mauricien à la cour des princes, Ile Maurice, 1996, pp. 52-53.

 

Description

Sculpteur d’origine mauricienne, Prosper d’Epinay fait ses années d’apprentissage à Paris, puis à Rome où il devient le sculpteur attitré de l’aristocratie et de la bourgeoisie internationales.

1874 est une année décisive dans sa carrière, car elle lui permet d’acquérir une notoriété certaine auprès de la société parisienne. Madame de Cassin lui demande de sculpter dans le marbre une représentation « idéale » de la femme moderne. Il présente alors au Salon la Ceinture dorée, figurant une jeune femme nue debout, tenant une extrémité de sa ceinture dans chaque main. Le critique Camille, de la Vie Parisienne la qualifie « La plus belle Statue de l’Exposition » : « Je n’ai vu que la femme d’abord en amoureux, tant elle est vraie, tant elle est jolie ! plus tard seulement, j’ai regardé la statue en amateur. C’est une merveille. Cette statue a ce que les Grecs appelaient l’heure. Cela signifiait que l’œuvre existait par excellence et au degré suprême, de la façon choisie par son créateur et que toute chose, au même instant, concourait à la rendre belle dans un accord de volupté qu’avaient permis les dieux. » (18 avril 1874)

La statue séduit par la souplesse de l’attitude au tracé ondulant, le respect des belles proportions,  le sentiment intense de l’harmonie des lignes féminines. Elle se situe dans le courant néo-grec du second empire mais évoque également des prédécesseurs comme Canova ou Pradier avec sa Phryné (1845).

L’Empereur de Russie, Alexandre III, demande à en avoir un marbre (musée de l’Ermitage), ainsi que le roi de Hollande. Fort de ce succès, des réductions en bronze sont éditées et plusieurs épreuves en biscuit de Sèvres (l’une d’elles se trouve au musée de Saint-Denis, à la Réunion). Notre exemplaire a été fondu par Nelli à Rome, fonderie à la réputation internationale qui fut active à Rome vers 1880. Cette dernière travailla pour les plus grands sculpteurs du Second Empire et reçut de nombreuses commandes pour des statues et monuments pour diverses villes (Opéra Garnier, Louvre, faculté de médecine de Montpellier, gare du nord à Paris …).

Notre exemplaire est certainement une fonte unique à la cire perdue ou à très peu d’exemplaires. En effet, Prosper d’Epinay n’utilisait ce fondeur que pour ses fontes artistiques et non d’édition d’où l’attention particulière donnée aux variations de patine brune et dorée.