LIONNE

Roger GODCHAUX

Terre cuite originale, signée « Roger Godchaux », dédicacée « au Dr Mozer / son dévoué » et datée  « 1931 »
H. 18,5 – L. 36 – P. 13,5 cm
Circa 1931

Pièce unique

Provenance : Docteur Marius Mozer

Description

Roger Godchaux se présente comme un artiste aux talents multiples, dessinant et sculptant librement les objets qui l’entourent. Son père, antiquaire de profession, lui transmet très tôt le goût de la décoration et des objets d’intérieur. Il choisit cependant de s’orienter vers la sculpture animalière et entre, en 1896, à l’Académie Julian. Quelques années plus tard, il expose ses premiers travaux, marqués par une prédilection pour les fauves et les éléphants. Comme de nombreux artistes animaliers de son époque, c’est au Jardin des Plantes qu’il observe la faune exotique qui le fascine. Ses études anatomiques doivent également beaucoup à Antoine-Louis Barye, qu’il admire profondément et dont il possède une importante collection d’œuvres.

Les félins occupent une place essentielle dans son bestiaire. Contrairement à Barye, les scènes de combat sont rares chez Godchaux : il préfère représenter les fauves dans leurs attitudes quotidiennes : assis, au repos, à l’affût, humant l’air ou avançant lentement, comme c’est le cas dans notre terre cuite. L’artiste y restitue avec une grande justesse d’observation une lionne marchant prudemment, le corps allongé, les épaules aux muscles puissants roulant sous la peau, la tête légèrement fléchie, fixant attentivement une cible au sol. Plus modeleur que tailleur, Godchaux procède par accumulation de boulettes de terre pour donner forme à l’animal, puis travaille les surfaces par stries obliques et lissage, laissant visibles dans la matière les empreintes de ses doigts.

Cette sculpture, pièce unique, est datée de 1931 et dédicacée au docteur Mozer, qui consacra sa vie à la recherche scientifique sur la tuberculose à l’hôpital de Berck. Un lien particulier a sans doute existé entre les deux hommes. Peut-être cette œuvre fut-elle réalisée à l’occasion d’un séjour de l’artiste dans cet établissement ? Une autre création de Roger Godchaux – un médaillon dédié « au docteur Andrieu, ses amis, ses collègues, ses élèves, Berck, 13 octobre 1934 » – semble d’ailleurs corroborer cette hypothèse.

Roger Godchaux a sans doute souhaité marquer ces liens en les datant. La plupart de ses œuvres ne sont en effet pas dater. Notre sculpture apparaît ainsi comme un témoignage émouvant tant sur le plan artistique que sur le plan humain et comme une œuvre d’une grande rareté.