PAIRE DE VASES AUX CHAUVE-SOURIS (1833)

Hippolyte FERRAT d’après un modèle de Jean-Jacques FEUCHÈRE

Bronze à patine brun nuancé et doré signé “ Hte FERRAT”
H. 30 x L. 8 x P. 9,3 cm. Diam. 7,5 cm
Circa 1850

Oeuvres en rapport : Jean-Jacques Feuchère, Paire de vases aux chauves-souris, Paris, musée du Louvre (inv. RF 4221 et RF 4222)

Bibliographie : Peter Fusco and H.W. Janson, The Romantics to Rodin, Los Angeles County Museum of Art, 1980, page 164; Franck Baille, Les petits maîtres d’Aix à la Belle Époque : 1870-1914, 1981, page 103 ; Jean-René Gaborit, Sculpture française II – Renaissance et Temps Modernes, vol. 1 et 2, Paris, 1998, p. 370 ; Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, Luc Benoist,  La sculpture romantique, Paris, 1994, p. 87, ill. 54 ; Daniel Alcouffe ; Anne Dion-Tenenbaum ; Pierre Ennès, Un âge d’or des arts décoratifs, 1814-1848, cat. exp. Paris, Grand Palais, 10 octobre-30 décembre 1991, p. 305-306, n° 158 ; Daniel Maurin, Jean Joseph Hippolyte Romain Ferrat (1822-1882) dit Sextius « mise en lumière d’un homme de l’ombre », 2006.

VENDU

Description

Un ouvrage de 2006 par Daniel Maurin a mis en lumière la carrière de ce sculpteur aixois d’origine, Hyppolyte Ferrat. Formé à l’école de dessin d’Aix, puis à l’école des Beaux-Arts de Paris avec pour professeur James Pradier (1790-1852), il intègre ensuite l’ atelier du maître, rue de l’Abbaye. Il va rester douze ans auprès de celui qu’il surnommait « le Phidias français » et s’imprégner de son art. C’est aussi là qu’il côtoie la belle société parisienne et se lie d’amitié avec Louise Colet et Gustave Flaubert. Il ne débute au Salon qu’en 1849, présentant en plâtre La chute d’Icare ; l’année suivante, un deuxième grand prix de sculpture lui est accordé pour une figure en ronde bosse La mort d’Achille. À partir de cette date, il semble bénéficier d’un certain crédit auprès de Le Fuel, architecte de l’empereur, qui n’est pas étranger aux commandes épisodiques qu’il reçoit de l’État. En dehors de la sculpture monumentale dont il réalise ses plus belles créations à son retour à Aix et ensuite dans la ville de Marseille, Ferrat semble s’être essayé à la sculpture des objets d’arts comme en témoigne son vase en bronze décoré d’un sujet représentant l’ Hymne à l’amour, exposé au Salon de 1852. Notre Paire de vases aux chauve-souris d’après un modèle de Jean-Jacques Feuchère pourrait tout à fait avoir été exécutée quant à elle à cette même période, Ferrat ayant dû certainement réaliser des répliques d’objets décoratifs pour une clientèle parisienne raffinée ; il était en effet souvent à court d’argent comme le prouvent ses sollicitations répétées auprès de son ami Flaubert dans leurs échanges de correspondance.

Nos deux vases, modèles de Jean-Jacques Feuchère (1807-1852), possèdent chacun un pied formé d’un serpent enroulé d’une frise de chauve-souris aux ailes étendues et couronné par un col formé d’une sorte de membrane tendue sur une très fine ossature tenue par un démon servant d’anse. Ils ont été conçus au départ pour former un ensemble où Satan est placé au centre comme une garniture de cheminée. Ces deux diables formant les anses évoquent quant à eux un autre aspect du monde démoniaque, celui des lutins malfaisants plus proches de ceux d’Antonin-Marie Moine (1796-1849) que de l’ange déchu du centre de la composition.

La fonte présente une belle polychromie faisant ressortir la patine rougeâtre « à la vénitienne », et très fine de la panse. Telle est bien la manière de Feuchère qui admirait tant les bronzes italiens, qu’ils soient florentins ou vénitiens et que Ferrat a su parfaitement retranscrire ici dans cette seule paire recensée à ce jour de sa main.