Description
Très curieux et ayant le goût de la variété, Jules Desbois s’est également intéressé aux arts décoratifs. C’est la raison pour laquelle il rejoindra en 1896 un groupe d’artistes formé autour de l’idée d’intégrer l’art dans les objets du quotidien, le mobilier et l’architecture afin de réunir les arts majeurs aux arts dits mineurs. Ce groupe prendra le nom de « l’Art dans Tout », nom qui sera aussi donné à leur exposition annuelle. Se faisant ainsi le défenseur d’un art social Jules Desbois participera à trois de ces expositions avec des bibelots, de la vaisselle (gourdes, pichets, plats, cendrier, vide-poche…) ou encore des bijoux. Il produira quantité de ces petits objets, adoptant un décor toujours très soigné dont le thème est souvent le même que celui de ses sculptures, en particulier celui du corps de la femme qui apparait en léger relief dans l’épaisseur de la matière. Celle-ci est de préférence l’étain, qu’il remet à l’honneur, mais il travaille également l’argent, l’or et les pierres précieuses, à l’image de notre broche.
A la 6e exposition de L’Art dans Tout il présente différents modèles de bijoux en plâtre. Notre broche n’y figure pas mais on y trouve les mêmes motifs décoratifs féminins jouant sur l’abondance de la chevelure et le geste de la main. D’autres bijoux seront également exposés à la Société Nationale des Beaux-Arts en 1903, avec beaucoup de succès, sans que l’on puisse savoir si notre broche en faisait partie. A partir de cette année, Desbois se lie à un fondeur et éditeur d’art de très haute qualité Adrien-Aurélien Hébrard (1865-1937), qui s’engage à éditer ses bijoux en or. Jules Desbois crée ainsi une série de broches sculpturales en or jaune ornées de perles ou d’émeraudes et présente en 1905 à Berlin à l’occasion de l’Exposition d’art français, sous le n°73, une « broche, or patiné et émeraude ». Est-ce notre bijou, qui est également en or et agrémenté de quatre émeraudes enserrant, sur fond d’écume, un délicat modelé de femme vue de dos esquissant de la main gauche un geste pour retenir ses cheveux ? On le retrouve en tout cas reproduit en 1908 dans un catalogue édité par la Maison Hébrard sur la parure de la femme.
C’est sans doute à peu près vers cette période que le fondeur a dû faire cadeau de ce bijou, aussi unique qu’il est exceptionnel par sa qualité, à Jeanne Schwarz (1887- 1976), une jeune danseuse qui a rejoint le ballet de l’Opéra en 1904 et a reçu le titre d’étoile en 1919.







