Description
Exposé en marbre grandeur nature au Salon de 1841 (n°2018), l’Odalisque de Pradier représente une femme nue assise au sol qui ne semble éprouver d’autre sentiment que celui de la fierté que lui inspire sa beauté. On sait que les odalisques – le terme, du temps de Pradier recouvre les servantes du harem et souvent leurs maitresses – sont un lieu commun de la vision exotique du XVIIIe siècle mais aussi une grande source d’inspiration pour le début du XIXe siècle, comme en témoignent les nombreuses représentations picturales; il suffit de rappeler les variations fameuses qu’Ingres déroula sur cette interprétation sur près d’un demi-siècle.
La fascination que Pradier éprouva pour ce thème fut durable : il est attesté pendant les années 1840 par plusieurs statuettes et dessins dont deux, connus aujourd’hui, se rapprochent de l’Odalisque du Salon de 1841. Peisse en 1841 la décrit comme une « […] imitation savante, intelligente et artistique de la réalité, rendue avec une rare habilité de ciseau. La tête charmante, et dans son mouvement, un peu forcé peut-être, acquiert de la grâce dans cette exagération même. » . L’Artiste la même année n’oublie pas de mentionner « L’Odalisque de M. Pradier, a une séduction irrésistible ».
Comme l’indique le catalogue de l’exposition de 1985 « Il n’est pas évident que l’œuvre en bronze dont on connaît au moins deux grandeurs différentes, soit, comme on l’a dit, la réduction du marbre exposé au Salon de 1841. Sur la foi de plusieurs critiques qui la commentèrent cette année-là, elle illustrerait une pratique de Pradier que confirme la littérature judiciaire du temps, selon laquelle, Pradier aurait « essayé » en quelque sorte, dans le petit format de la statuette, un sujet dont il aurait alors jugé du succès avant d’investir les frais de l’exécution en marbre » (Sous la direction de Claude Lapaire et Jean-René Gaborit, opus cité-supra, page 133).
Quoiqu’il en soit, la statuette en bronze résultant d’une réduction comme c’est le cas de notre exemplaire vers 1845 ou étant réalisée avant le modèle en marbre reflète une grande maîtrise des proportions sur un modèle dont la beauté réside dans le jeu extraordinairement gracieux des lignes et des masses que lui prête sa pose inattendue.













