SIRÈNE (AVANT 1943)

André BIZETTE-LINDET 

Bronze à patine brun nuancé, signé « A. Bizette »
Fonte de Susse, numérotée 2/5. Porte le cachet du fondeur
H. 53 x L. 30 x P. 31,5 cm.
Entre novembre 1943 et juin 1947

Selon les archives de la fonderie Susse seuls cinq exemplaires ont été édités

Œuvre en rapport : Sirène, plâtre, FNAC inv. n° 2015-0576, en dépôt à la Manufacture Nationale de Sèvres depuis février 1943.

Bibliographie : « André Bizette-Lindet », Club français de la médaille, 1971, p. 60 à 62 ; P. d’Uckerman, L’art dans la vie moderne, Paris, 1937, p. 43 ; «  l’actualité artistique », Mobilier & Décoration, janvier 1937.



 

Description

Premier prix de Rome à vingt-cinq ans la carrière d’André Bizette-Lindet est très vite couronnée par le succès ce qui aboutira à un corpus d’œuvres sculptés abondant, tant en France qu’à l’étranger. Il a la particularité d’être inscrit dans une très grande variété de matériaux : granit, marbre, ardoise, bronze, plomb, ciment ou encore céramique, matériaux que l’artiste choisit suivant ce qu’il souhaite exprimer en fonctions de ses deux tendances fondamentales.

D’un côté une sensibilité aux formes et en particulier à celles de la femme, de l’autre une volonté de traiter la sculpture de manière monumentale comme l’architecture.

Par sa composition verticale et équilibrée où les courbes des cuisses et de la queue répondent à celles des bras, notre sirène, en dépit de sa relative petite taille, illustre bien ces deux tendances. Les formes sont pleines, robustes et généreuses suivant le goût de l’artiste. Le rendu charnel et vivant de la sculpture est encore accentué par le guillochage du bronze, technique caractéristique de l’artiste pour augmenter les effets de la lumière sur la matière.

On retrouve également dans cette sirène dressée qui chante les yeux fermés un thème récurrent chez l’artiste, celui de l’univers marin avec une fascination pour ses monstres et ses mythes.

La sculpture signée simplement « A. Bizette » indique que le modèle fait partie des premiers qu’il a créés. En effet durant la seconde guerre mondiale il adoptera le patronyme « Bizette-Lindet » pour se différencier de sa sœur céramiste. Le modèle en plâtre a d’ailleurs été acheté directement à l’artiste par l’État en 1943 dans le but d’être édité en grès à 25 exemplaires par la Manufacture nationale de Sèvres.

En bronze il est en revanche extrêmement rare puisque selon les archives de la fonderie Susse seuls cinq exemplaires ont été édités entre novembre 1943 et juin 1947. Notre exemplaire qui porte le numéro 2 fait donc partie des tout premiers bronzes édités de ce modèle.