Victor SEGOFFIN
(1867-1925)
Né à Toulouse, Victor Ségoffin y reçoit une première formation auprès de Charles Ponsin-Andahary à l’École des Beaux-Arts, poursuit ses études à Paris et devient l’élève d’Aimé Millet à l’École des Arts décoratifs. Il est reçu à l’École des Beaux-Arts en 1888, où il suit non pas l’enseignement du toulousain Alexandre Falguière, mais celui de Jules Cavelier puis d’Ernest Barrias de 1894 à 1897. Sa ténacité lui permet d’obtenir enfin le prix de Rome en 1897, l’année de ses trente ans, avec Orphée perdant pour la seconde fois Eurydice entrainée de nouveau par Mercure dans les régions infernales. Pensionnaire à la Villa Médicis, il parfait sa connaissance des Florentins du Quattrocento mais aussi de Michel-Ange et de Bernin.
Ségoffin commence à exposer au Salon des artistes français en 1890 dans la section sculpture, et expose ensuite de façon très régulière. Il remporte successivement plusieurs médailles et récompenses dont une médaille de bronze à l’exposition Universelle de 1900. Le sculpteur est très sollicité pour ses portraits issus de la haute bourgeoisie industrielle et politique mais aussi du monde artistique : Portraits d’Eugène Schneider (1902), de Thérèse Combarieu (1905), de Dujardin Beaumetz (1914), du Maréchal Pétain (1921), du Maréchal Foch (1923) – d’Harpignies (1906), de Ziem (1907), d’Albert Maignan (1909), de Léon Bonnat (1910)… Au-delà de l’exactitude du modèle, il parvient aussi à saisir l’esprit, le trait saillant d’un caractère ou d’une attitude.
Cette sensibilité à « l’idée », Ségoffin l’exprime dans des oeuvres plus ambitieuses, très symbolistes : Mauvais Génie, La Charité aux Pauvres Honteux, Semeur de Mondes, la Terre – la Vie – la Paix, l’Homme et la Misère Humaine. Cette veine créatrice s’épanouit à partir de 1903-1904, grâce aux sollicitations de l’État pour lequel il modèle la Danse Sacrée et La Danse Profane ou Guerrière, destinées au Palais de l’Élysée. Il reçoit également plusieurs commandes de l’État : Le Temps et le Génie de l’Art, le Monument Funèbre à Voltaire, Vercingétorix. A travers ces différentes oeuvres, Ségoffin fait preuve d’un sens des rythmes mouvementés atteignant cependant à l’équilibre.
Bien que né et mort à Toulouse, la ville ne possède aucune œuvre monumentale du sculpteur. On dénombre néanmoins au musée des Augustins un bas-relief en plâtre de 1895, épreuve du prix de Rome, David vainqueur de Goliath et Judith présentée au concours Lemaire le 1er mars 1896. Par ailleurs, le Muséum d’Histoire Naturelle expose un Buste d’Emile Carthailac présenté au Salon de 1923.





