Description
Souvent comparé aux imagiers médiévaux, dont il adopte la truculence, Gaston Le Bourgeois doit sans doute sa manière à sa formation. Originaire du Calvados, il suit son père, tailleur de pierre pour les monuments historiques, dans toute la France et ce dès son plus jeune âge. Il s’imprègne ainsi des fragments de sculptures ou d’éléments architecturaux à restaurer qu’il rencontre, en particulier ceux provenant d’églises médiévales. C’est ainsi qu’il prend goût au métier de sculpteur en apprenant son métier à la tâche comme un ouvrier.
Il se spécialise dans la réalisation de sculptures en relief ou en ronde-bosse qui s’intègrent à la décoration extérieure ou intérieure comme des poteaux de parc ou d’escalier, des couronnements de piliers, des lambris, des panneaux de meuble, des pièces de faîtage, des chapiteaux… Il révèle ainsi sa parfaite compréhension de tous les supports architectoniques et fait preuve d’un véritable don pour plier de manière inventive le décor aux contraintes de la forme, tout comme les tailleurs de pierre de l’époque romane. Il propose de préférence des sujets animaliers qu’il traite de manière moderne, avec une grande sobriété et un sens aigu de la synthèse, en adaptant son travail à la place et à la destination de l’œuvre.
Notre Vautour à tête blanche en est une belle illustration. Réalisé pendant l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, il est conçu comme un élément décoratif architectural destiné à surmonter un poteau ou un pilier. Avec sa tête rentrée et renversée comme pour scruter le ciel, son corps ramassé, découpé en volumes nets animés d’incisions géométriques qui suggèrent le plumage et prolongé par un socle intégré, la sculpture allie parfaitement l’ornement à la fonction tout en s’inscrivant au cœur de l’esthétique art déco.
Pour cette pièce unique Gaston Le Bourgeois utilise une très belle pierre calcaire choisie pour son grain, sa couleur, sa texture et sa dureté mi-ferme, provenant peut-être de la région de Grasse. Gaston Le Bourgeois en avait en effet apprécié la qualité lorsqu’il y avait réalisé le Monuments aux morts quelques années plus tôt.
La sculpture est dans un parfait état de conservation, ce qui indique qu’elle n’a pas été exposée à l’extérieur.








