ANGELINA ASSISE ET LE CHIEN

PRINCE PAUL TROUBETZKOY 

Bronze à patine brun nuancé, signé « Paul Troubetzkoy »
Fonte de Claude Valsuani. Porte le cachet du fondeur « CIRE PERDUE/ C. VALSUANI »
H. 39 x L. 48 x P. 34 cm
Circa 1910

Provenance : Collection Achille Segard (1872-1936), France (acquis de ou offert par l’artiste); collection particulière, France (par descendance).

Exposition : VIII Esposizione Internazionale D’Arte della città di Venezia [Biennale], Venise, 1909, salles 36-37, nº10 (un autre exemplaire).

Oeuvres en rapport : Angelina Troubetzkoy con il lupo Vaska, plâtre, Verbania, Museo del Paesaggio, n° d’inv. T2; Angelina Troubetzkoy con il lupo Vaska, plâtre patiné bronze Verbania, Museo del Paesaggio, n° d’inv. T3.

Bibliographie : Achille Segard, « The sculpture of prince Paul Troubetzkoy », The Studio, 1910 (vol.48, p.271 reproduit) ; Guy et Matthias de Labretoigne, Paul Troubetzkoy le roman d’une vie et d’une œuvre, 2023, pages 48 à 51 ; collectif, Paul Troubetzkoy Sculpteur (1866-1938), cat. d’exposition, Paris musée d’Orsay, du 30 septembre 2025 au 11 janvier 2026 (modèle en plâtre reproduit page 161).
Autres exemplaires : Bronze à patine verdâtre, signé et daté 1908 (collection Carlo Lamberti ; collection du peintre Giuseppe Novello jusqu’en 1988 ; actuellement collection privée, Codogno (Milan) ; Bronze signé et daté 1911, cachet C. Valsuani (collection Sharitonenko, Moscou, 1925 ; Galerie Tretiakov, Moscou, n° d’inv. 5921) ; Bronze à patine sombre, signé et daté 1901 (?) (Princesse Sofia Wolkonsky ; collection privée italienne), titré « Helene con il cane ».

 

Description

Bien que né en Italie, Paul Troubetzkoy demeurait profondément attaché à la Russie où le ramenaient ses racines. Il aimait particulièrement se rendre chez son cousin germain Serge Troubetzkoy qui possédait le château d’Ouzkoïe. Il se sentait rapidement chez lui dans cette grande demeure familiale accueillante dans laquelle il aimait observer et sculpter ses proches. Son attention se portait alors sur sa jeune cousine la princesse Marina Gagarine, sur les fils de Serge, les princes Nicolas et Vladimir mais aussi sur une jeune femme connue sous le nom d’Angelina, une proche de la famille depuis les premières années du siècle. C’est ainsi qu’il l’a représentée à plusieurs reprises, habillée sobrement, tricotant, donnant à manger au chien avec qui elle pose dans notre groupe, ou encore avec un bébé dans les bras. Il est à noter que les représentations d’Angelina sont souvent titrées sans son nom comme l’indique par exemple le catalogue de l’exposition de 1911 à l’American Numismatic Society où notre modèle est intitulé Young woman seated, with dog.

Troubetzkoy nous montre ici toute la maîtrise de son style, tout en retenue et délicatesse, au-delà de l’anecdote. Le regard du sculpteur n’est jamais totalement mondain ; une fois de plus, il nous prouve à travers la tendresse de cette scène, tout son attachement pour la valeur des rapports naturels et pour les relations avec le monde animal.

En 1912, Paul Troubetzkoy achète, avec son frère Luigi, une villa au bord du lac Majeur où ils se rendent de manière occasionnelle. Angelina qui est italienne est vraisemblablement restée dans cette demeure, toujours est-il qu’à la fin de sa vie, en 1921, elle épouse Luigi, le frère du sculpteur.

Achille Segard, le premier propriétaire de cette œuvre a consacré un article à Paul Troubetzkoy dans la revue The Studiode 1909 et de 1910, où il reproduit notre exemplaire sous le titre Jeune femme au chien, et dans lequel il souligne une nouvelle fois l’amour inconditionnel du sculpteur pour les animaux.