L’AMOUR DÉSARMÉ (ESQUISSE) (1864-1870)

Jean-Baptiste CARPEAUX

Bronze à patine noire, signé « JB CARPEAUX »
Fonte d’Hébrard numérotée 8, porte le cachet du fondeur « cire perdue A.A.Hébrard »
H.81,5 x L.35 x P. 20 cm

Fondu en janvier 1930

Autres exemplaires : Paris, Musée des Arts Décoratifs, plâtre original, inv. n° 5241 ; Paris, Musée du Petit Palais, plâtre, PPS 1560 ; Williamstone, Sterling and Francine Clark Art Institute, bronze, fonte Hébrard n°1, inv. n° 1955.1005

Bibliographie : Michel Poletti et Alain Richarme, Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur, catalogue raisonné de l’œuvre édité, Paris, 2003, p. 153, modèle référencé sous le n° ES 2 et reproduit ; Théodore de Banville, Les camées parisiens, « Eugénie Fiocre », Paris, 1865, p. 103 et 104 ; R. de Sergy, L’Echo de Paris, «  Théatre », 31 juillet 1864, p. 7 ; La Semaine Judiciaire, «  Revue des théatres », lundi 18 et mardi 19 juillet 1864 ; Ivor Guest, Ballet of the Second Empire, London, 1953, p. 76-77 avec une reproduction d’une photographie d’Eugénie Fiocre en Cupidon et p. 83-84.

 

 

Description

 

Pour cette allégorie de l’amour intitulée l’Amour désarmé, J.-B. Carpeaux s’inspire de la célèbre danseuse Eugénie Fiocre. Celle-ci est entrée à l’école de danse de l’Opéra de Paris en 1858 et en est nommée première danseuse de 1864 à 1875. Elle se spécialise dans les rôles de travesti et se fait particulièrement remarquer dans un de ses premiers rôles, celui de l’Amour, dans le ballet-pantomime Néméa ou l’Amour vengé. Ce ballet d’origine russe, refondu pour la scène française, a été joué à Paris pour la première fois le 11 juillet 1864. Les critiques de l’époque avaient souligné la grâce et l’élégance de la jeune ballerine à la ligne sculpturale admirable, que la courte tunique dont elle était vêtue permettait de suivre notamment quand elle se dressait sur son piédestal.

La sculpture modelée par Carpeaux est tellement fidèle à ces descriptions qu’il semble avoir vu le ballet…

Carpeaux représente en effet la jeune femme, tenant d’une main un arc et de l’autre une flèche, la tête inclinée, les bras tendus vers le ciel, ne posant que d’un pied sur un socle rond formant piédestal comme pour s’envoler. La torsion exprimée par le corps drapé d’une simple tunique et le modelage nerveux du modèle, en particulier pour l’esquisse, rendent la sculpture à la fois moderne et vivante.

Carpeaux a en effet d’abord réalisé l’esquisse de ce modèle qu’il édite uniquement en terre cuite dès 1870. Il ne sera jamais édité en bronze de son vivant. Pour ce dernier matériau il a préféré un modelé plus lisse et moins expressionniste.

Ce n’est qu’après sa mort que le fondeur Hébrard, en accord avec les héritiers de l’artiste, décide une édition en bronze de cette esquisse. Elle sera limitée à quinze exemplaires dont seulement huit ont été répertoriés.

Les comptes du fondeur révèlent que le n°8 a été fondu en janvier 1930 sans précision d’acheteur.