DANSE SACRÉE (1903)

Victor SEGOFFIN

Chef modèle en bronze à patine brun nuancé, signé « Vtor Ségoffin », situé et daté « Paris 1905 »
Fonte de Susse, porte la marque du fondeur « Susse Fes Edts Paris ».
Clavettes apparentes et traces de montage
H. 119 x L. 37 x P. 74 cm
Circa 1905
Pièce unique

Œuvre en rapport : Danse sacrée, marbre, Paris musée d’Orsay (H. 250 x L. 140 x P. 80 cm)
Exposition : 1905, Danse sacrée, marbre, Salon des artistes français, n° 3622 (commandée par l’État pour le Palais de l’Élysée).

Bibliographie : Collectif, Le musée d’Orsay à 360 degrés, 2013, page 312.

Description

 

Le thème de la danse, quittant le cadre conventionnel du ballet classique, avait déjà été traité sur un mode sensuel et bachique par Jean-Baptiste Carpeaux pour la façade de l’Opéra de Paris. La danseuse de Ségoffin reprend cette liberté dans le mouvement et possède un équilibre instable évoquant l’ivresse. Pour être guerrière, cette Danse n’en est pas pour autant barbare, et possède un parfum antiquisant : elle s’inspire de la Danseuse Titeux, antique célèbre entré au Louvre en 1891, sa transe évoque celle d’une bacchante et sa tunique est ornée d’une tête de gorgone. Ségoffin en tire une interprétation très baroque du mouvement qui distend les corps ou les contracte jusqu’au raidissement et doit sans doute beaucoup à la gestuelle du théâtre. Le pas de danse esquissé par une jambe levée et le voile recouvrant les cymbales n’est pas sans évoquer les chorégraphies contemporaines de Loïe Fuller ou d’Isadora Duncan.

La Danse sacrée conçue en 1903 pour le Palais de l’Élysée a pour pendant la Danse profane. Elle est conservée depuis 1984 au musée d’Orsay ; d’un traitement virtuose, le marbre semble taillé nerveusement et enregistre, comme des vagues tempétueuses, les agitations de l’étoffe.

Notre exemplaire est un bronze d’une qualité exceptionnelle ; il est la pièce de référence pour les éditions en bronze de la fonderie Susse.