GRUE COURONNÉE AU REPOS (AIGRETTE STRIÉE) (1926)

François POMPON

Bronze à patine noir ardoisé, signé « POMPON »
Fonte Claude Valsuani, cachet « cire perdue C. VALSUANI ».
H. 27,2 x L. 14 x P. 10,2 cm.
Circa 1930

Bibliographie : Catherine Chevillot, Liliane Colas, Anne Pingeot, François Pompon 1855-1933, Paris, 1994, p 204 référencé sous le n°101 C.

Description

 

Dans le bestiaire de François Pompon les oiseaux occupent une place importante et parmi ceux-ci la grue, en particulier la grue couronnée. Par sa silhouette élancée, la majesté et l’élégance de son allure servie par le plumet dont sa tête est coiffée, cet échassier l’a séduit. Il le représente dans plusieurs versions de 1925 à 1927, en marche ou au repos, la crête lisse ou striée parfois également tronquée. Notre sculpture présente le modèle de 1926, la Grue couronnée au repos l’aigrette striée. En équilibre sur une patte, le corps légèrement penché en avant, la tête à peine tournée sur la gauche, l’oiseau fixe de son œil rond les alentours. La silhouette de l’échassier est réduite à la seule force du contour tout en soulignant ses particularités. On retrouve même à la jonction du cou et du bec le petit renflement caractéristique de l’espèce qui la fait se différencier d’une parente, la grue royale. Tant l’attitude choisie que la simplification des formes adoptée traduisent le génie de Pompon et sa capacité à restituer l’essence même du volatile. On y retrouve aussi toute une sensibilité à l’esthétique japonisante qui a marqué les arts européens à la charnière des deux siècles ainsi qu’une attirance pour le hiératisme linéaire de l’art égyptien et de son bestiaire.

En dehors de ses recherches sur la ligne et la plénitude des formes Pompon accordait beaucoup d’importance à la patine et à son rôle dans le jeu de la lumière sur les surfaces polies. Notre exemplaire est pourvu d’une très belle patine noir ardoise qui par ce ton chaud à peine métallisé permet des reflets de lumière délicats qui rendent la sculpture vivante. Il s’agit d’une fonte de Claude Valsuani, le fondeur préféré de François Pompon. En effet, à la différence d’autres fondeurs, Claude Valsuani ne commercialisait pas les bronzes qu’il fabriquait et laissait toute liberté à l’artiste d’intervenir sur ses oeuvres, comme de réaliser les patines ou de les signer dans la cire avant la fonte. Cela explique la qualité exceptionnelle de notre exemplaire à laquelle s’ajoute sa grande rareté puisqu’il y a eu très peu de tirages du modèle du vivant de François Pompon.