LE CHINOIS (DEUXIÈME VERSION) (1872)

Jean-Baptiste CARPEAUX

Bronze à triple patine, mordorée pour le visage, brun nuancé pour la veste et brun noir nuancé pour la tresse, signé « Carpeaux ».
Porte le cachet « PROPRIÉTÉ CARPEAUX » et deux fois l’Aigle impériale.
H. 69 x L. 51 x P. 34 cm
Circa 1872-1875

Provenance : demeuré dans la même famille depuis plusieurs générations.

Oeuvres en rapport : Le Chinois (esquisse) ; Pourquoi naître esclave, n°1 ; Les Quatre parties du monde soulevant la sphère(esquisse).

Bibliographie : Michel Poletti, Alain Richarme Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur, catalogue raisonné de l’œuvre édité, Paris, 2003, p.123, exemplaire référencé sous le n° BU 24, reproduit page 125. Sous la direction de Édouard Papet et James David Draper, Carpeaux 1827-1875 Un sculpteur pour l’empire, exposition : New York, The Metropolitan Museum of Art 10 mars – 26 mai 2014, Paris, musée d’Orsay 24 juin – 28 septembre 2014, page 148.

VENDU

 

 

Description

La commande de la fontaine du Luxembourg étant totalement passée le 23 décembre 1867, Carpeaux se lance en 1868 dans l’étude d’après nature pour deux des quatre figures, l’Asie et l’Afrique. Comme Charles Cordier qui s’était inspiré d’une famille chinoise visitant Paris en 1851 pour créer son couple de Chinois, Carpeaux dessine des Chinois de passage, étudiant leurs physionomie, coiffures et costumes.

Le buste du Chinois compte parmi les grandes réussites de l’art du portrait de Carpeaux. Le costume traditionnel retenu par quatre agrafes est croisé sur le côté et une longue natte tourne vigoureusement autour du buste à l’arrière. En dehors de ces références exotiques, le visage au regard distant et grave possède une expression d’une puissance extraordinaire que la surface du bronze fait vibrer. Sa triple patine aux reflets mordorés pour la peau du visage, noire pour la chevelure et brune pour le vêtement rejoint ici la volonté du sculpteur qui souhaitait des patines colorées pour la fontaine de l’Observatoire. Cette polychromie est réservée aux plus belles épreuves dont notre bronze fait incontestablement partie.

Le modèle a été édité en bronze d’une manière restreinte – moins de quinze épreuves – par l’artiste et ses héritiers. Au regard de sa qualité d’exécution, de sa provenance, notre très rare exemplaire peut être daté du début de sa création dès 1872. De cette période, on ne connaît que deux autres exemplaires en bronze du Chinois n°1, l’un conservé dans une collection particulière parisienne, l’autre sur piédouche en marbre, conservé au California Palace of the Legion of Honor (Inv. 1968.2) de San Francisco.

L’atelier Carpeaux, conscient du succès commercial rencontré par le buste, l’a proposé également en réduction à demi-grandeur, en plâtre, terre cuite et bronze, le plus souvent en édition posthume et en terre cuite par Susse.

Dans la fontaine, le Chinois se transformera en Chinoise.