BAIGNEUSE À L’ÉCHARPE, 1919-1920

Aristide MAILLOL 

Bronze à patine brun vert nuancé, signé du monogramme de l’artiste
Fonte de Claude Valsuani. Porte le cachet du fondeur « A. VALSUANI CIRE PERDUE »
H. 33,6 cm
Circa 1925

Socle cubique en marbre vert de mer

Provenance : Ancienne collection Emil Viktor Mausser, Zurich ; puis par descendance.

Bibliographie : Maurice Denis A. Maillol, Paris, 1925, reproduit pl. 23 (autre exemplaire) ; John Rewald, Maillol, Paris, 1939, p. 124-125, sous le titre Petite baigneuse debout (autre exemplaire) ; George Waldemar, Maillol, Suisse, 1965, p. 66-68 (autre exemplaire) ; Maillol, Barcelona 1979, p. 121 (autre exemplaire reproduit fig. 31).

Description

C’est sa simplicité qui fait la beauté de cette sculpture. Le parti pris de Maillol est à l’opposé de ce qui se pratique alors, à la suite de Rodin. Pas d’émotion exagérée, pas de muscles saillants. Le visage est dépourvu d’expression, et les membres sont bien pleins, la peau très lisse. La force du sculpteur réside dans cette pureté naïve merveilleusement exprimée dans la forme qu’il conçoit comme une architecture.

Le mouvement qui anime cette statuette vient moins d’un effet extérieur, que d’une force intérieure qui fait que la menue poitrine paraît se gonfler et que le sang semble couler à travers le bronze. Le visage quant à lui reprend les mêmes traits déjà représentés, le même visage rond – celui de Clotilde, sa femme ? -, la même coiffure avec un chignon au sommet du crâne et un rouleau de cheveux entourant la tête. Le sujet n’a pas d’importance, les titres, d’ailleurs facilement interchangeables, ne sont qu’un moyen d’identifier les oeuvres. Pour preuve,  notre Baigneuse à l’écharpe ne rappelle-t-elle pas le bronze Printemps de 1911-1912, l’une des quatre statues créées pour le salon de musique d’Ivan Morozov à Moscou ? Au fil des années, le sculpteur décline ainsi ses gammes.  « Pourvu que Mirbeau ne le force pas à penser », note André Gide le 15 juillet 1905, à la suite d’un déjeuner chez Maurice Denis. Il est vrai que tout au long de sa vie, Maillol cultive l’image d’un artisan autodidacte, un terrien tout droit issu de sa Catalogne natale.

En art, ses préférences vont à l’art égyptien, à l’art grec archaïque et classique et en particulier aux sculptures d’Olympie dont il a des photographies dans son atelier. L’œuvre de Maillol porte comme elles, la marque d’un art intemporel et celle d’un état d’enchantement et de grâce.