BALZAC, ÉTUDE TYPE C (BUSTE), 1ère VERSION, PETIT MODÈLE (1892)

Auguste RODIN

Bronze à patine brun noir nuancé, signé « A Rodin » et marqué « A. Rodin » en relief à l’intérieur
Fonte d’Alexis Rudier, porte la marque du fondeur « ALEXIS RUDIER / FONDEUR PARIS »
H. 16 x L. 20,8 x P. 11,6 cm
Circa 1918-1920

Piédouche circulaire en marbre rouge griotte H. 8,5 x D. 9,8 cm

Conçu en 1892, ce buste obtenu par découpe et réduction mécanique en 1918, cette épreuve en bronze vers 1918-1920.

Provenance : Galerie Haussmann, Paris (M. Gustave Danthon) ; collection Antonio Santamarina, Buenos Aires (acquis avant 1934) ; collection Antonio Santamarina, A. Bullrich y Cia, Buenos Aires, 3 octobre 1955 lot 100 ; collection privée, Argentine (acquis à la vente ci-dessus) ; collection privée, Floride (par descendance) ; vente publique, Sotheby’s N.Y., 18 mai 2017 lot 363; collection privée U.S.A. (acquis à la vente ci-dessus).

Exposition : « Rodin » Musée National des Beaux-Arts, Buenos Aires, Argentine, octobre 1934, no. 39.

Bibliographie : Antoinette Le Normand-Romain, Rodin et le bronze, catalogue des œuvres conservées au musée Rodin, Paris 2007, Tome I, modèle S. 1578 référencé page 168 et 169.

Un avis d’insertion au Catalogue critique de l’œuvre sculpté d’Auguste Rodin, actuellement en préparation à la galerie Brame & Lorenceau, sous la direction de Jérôme Le Blay, rédigé en date du 22 janvier 2026, sous le n° 2017-5235B sera remis à l’acquéreur.

 

Description

La Société des gens de lettres, dont Émile Zola était alors le président, se tourna en juillet 1891 vers Rodin pour la réalisation d’un monument à Balzac (1799-1850) qui avait été l’un de ses premiers présidents. Plein d’enthousiasme, Rodin se mit immédiatement au travail et, en janvier 1892, présenta trois projets entre lesquels fut choisi un Balzac debout, vêtu de la robe de moine que l’écrivain avait l’habitude de porter pour travailler. Le sculpteur a peu à peu écarté les détails physiques, pour ne garder que les éléments essentiels visant à exprimer la puissance créatrice du romancier : l’encolure de taureau, la crinière de lion, la grande bouche ironique et sensuelle, et surtout les yeux, ces yeux de feu qui avaient tant frappé les contemporains de Balzac.

Le marchand Gustave Danthon eut la possibilité d’éditer en bronze un plâtre inédit du Balzac dit type C, plâtre donné par Rodin au Dr Joseph Charles Mardrus, sous la forme de la figure entière, du buste et du masque. Une copie de l’accord entre le Dr Mardrus et Gustave Danthon en date du 15 février 1918 portant sur l’édition de cette figure est conservée dans les archives du musée Rodin.

Une réduction de la figure ainsi que différentes versions du buste présentant des variantes de découpe ont été réalisées en 1918 à l’initiative de Gustave Danthon après la mort de l’artiste. Le musée racheta en 1927 puis en 1933 la plupart de ces modèles en plâtre avec leurs droits d’édition.

En l’état actuel des connaissances, on estime que Gustave Danthon fit réaliser au moins 3 épreuves en bronze de cette version du buste dite 1ère version, petit modèle dont le nôtre.

Même si l’œuvre est restée incomprise du temps de Rodin, son Balzac n’en demeure pas moins un de ses chefs-d’œuvre. « Mon Balzac, disait-il, par sa pose et par son regard fait imaginer autour de lui le milieu où il marche, où il vit, où il pense. Il ne se sépare pas de ce qui l’entoure. Il est comme les véritables êtres vivants . »