FRÈRE ET SOEUR, ORPHELINS DU SIÈGE DE PARIS (1871)

Jean-Baptiste CARPEAUX

Bronze à patine brun nuancé, signé « CARPEAUX »
Porte le cachet à l’Aigle impériale et deux cachets « PROPRIETE CARPEAUX »
H. 66 x L. 22 x P. 21 cm
Circa 1875

Bibliographie : Michel Poletti, Alain Richarme Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur, catalogue raisonné de l’œuvre édité.Paris, 2003, p.90-91, modèle référencé sous le n°SE 13. Sous la direction de Édouard Papet et James David Draper, Carpeaux 1827-1875 Un sculpteur pour l’empire, catalogue d’exposition, New York, The Metropolitan Museum of Art 10 mars – 26 mai 2014, Paris, musée d’Orsay 24 juin – 28 septembre 2014, page 271.

Description

La jeune fille, en appui sur sa jambe droite, tient dans ses bras son jeune frère, tandis qu’ un chien à leurs pieds dresse la tête dans leur direction. Le visage de la grande soeur révèle une réelle expression d’inquiétude, tandis que le bambin affiche une grimace hurlante. La tension pathétique parvient à susciter chez le spectateur le même sentiment de compassion que celui éprouvé par l’ artiste face à ce spectacle. En effet, Louise Clément Carpeaux nous apprend que ce groupe est le fruit de la rencontre fortuite du sculpteur avec deux enfants errants, rendus orphelins par les événements tragiques de la guerre de 1870-1871. Ému par leur malheureux sort, le sculpteur recueillit quelque temps ces deux enfants à Auteuil, dans son atelier pourtant endommagé par 17 obus prussiens.

Ce sujet fut repris en peinture par Carpeaux – sans doute en Angleterre où il avait plus de loisir pour le faire -, dans un de ses tableaux les plus aboutis (toile, 170 x 100 cm, Tourcoing musée des Beaux-Arts Eugène Leroy). On y voit les deux orphelins serrés l’un contre l’autre sur fond de ruines, le pathos de l’œuvre cherchant visiblement à éveiller chez les patriotes chagrin et colère.

Rarissimes en marbre, peu fréquentes mais à tirage équivalent en terre cuite et en bronze, les épreuves sont commercialisées par l’artiste et sa famille essentiellement au XIXe siècle.