Description
Grâce à son père, médecin vétérinaire, Georges Hilbert se passionne pour le monde animal. Mais c’est face aux animaux du Jardin des Plantes qu’il apprend son métier de sculpteur. C’est surtout la pratique de la taille directe qui l’intéresse, technique qui a été remise à l’honneur par Joseph Bernard au tout début du siècle. Hilbert l’apprend, lui, de l’Espagnol Mateo Hernandez (1885-1949) qu’il rencontre au Jardin des Plantes et pour qui il va travailler. Georges Hilbert adopte d’ailleurs la même manière de s’attaquer au bloc de pierre, sur place, face au modèle, sans nécessairement passer par des dessins ou des esquisses préparatoires. De même il choisit aussi les matières les plus dures : les diorites, le schiste vert, l’agathe, l’obsidienne, le granit ou encore le marbre, comme celui de notre sculpture.
En 1930, grâce à un voyage d’études en Egypte il découvre le bestiaire des animaux sculptés du temps des pharaons : la pureté et le dépouillement de la statuaire animalière égyptienne va le marquer. Puis sa rencontre avec François Pompon le fait s’intéresser davantage à traduire le comportement et le caractère de l’animal tout en conservant la ligne synthétique chère au Maître.
Cette évolution est particulièrement visible pour notre Panthère mâle datée de 1947 par comparaison à un Puma réalisé juste après son retour d’Egypte. Les deux œuvres sont sculptées dans un matériau dur et présentent une simplicité formelle comparable.
L’animal dans les deux cas se tient assis droit sur son arrière-train, les pattes avant tendues et la queue repliée vers les membres inférieurs. Mais si l’attitude du Puma est assez raide et peu expressive, celle de la Panthère mâle, au contraire, est beaucoup plus naturelle et vivante. Sa tête légèrement inclinée vers l’avant, le museau à peine ouvert, les moustaches plus marquées rendant les babines presque frémissantes, elle semble observer attentivement quelque chose qui se passe devant elle. La musculature obtenue par des traits profonds est plus saillante et exprime avec élégance toute la force latente du fauve en jaillissant du bloc sombre grâce aux brillants reflets du marbre noir poli.
C’est une œuvre de maturité où Georges Hilbert atteint un équillibre remarquable entre une modernité formelle et une lisibilité figurative d’une grande sensibilité.
Notre sculpture est une pièce unique taillée dans un magnifique marbre dit « petit granit Belge », reconnaissable à sa texture fine présentant des inclusions de fossiles.









