Description
Surnommé le « Rodin russe », Paul Troubetzkoy – fils du prince Pierre Troubetzkoy, diplomate, et de la pianiste américaine Ada Winans – est demeuré célèbre en tant que portraitiste, ce qui lui a valu d’être recherché par une élite cosmopolite, depuis sa Russie natale jusqu’à la France et aux États-Unis. Il excellait particulièrement à rendre la force du caractère de ses modèles, qui se révèle flagrante dans ses bronzes qui accrochent et font vibrer la lumière sur leur surface, à l’instar de ce buste modelé par petites touches pleines d’énergie caractéristiques du style de l’impressionnisme en sculpture.
Paul Troubetzkoy et Paul Helleu (1859-1927) étaient amis dès le premier séjour de Troubetzkoy en France comme en témoigne la statuette de Paul Helleu figurant à l’exposition Troubetzkoy de l’Hispanic and Numismatic Society de New York en 1911. Ils se sont ensuite retrouvés lors du retour en Europe du sculpteur en 1920. Le peintre a eu une fille Paulette, née en 1904, dont le Musée du Paysage de Verbania conserve un portrait en pied (plâtre) à l’âge de vingt ans environ. L’ identification de Paulette a été confirmée par Elisabetta Giordani dans son ouvrage « Identita Rivelate, personaggi ritratti dallo scultore Paolo Troubetzkoy ». On est frappé de la ressemblance immédiate entre le visage de ce plâtre et notre bronze : similitude d’allure, de visage et de coupe de cheveux.
Pour monsieur Matthias de Labretoigne, spécialiste de Troubetzkoy et auteur du livre Paul Troubetzkoy le roman d’une vie et d’une œuvre , cette identification ne fait aucun doute. Il s’agit bien de Paulette Helleu à l’âge de 20 ans environ ; cette précision de l’âge est elle-même corroborée par un bronze similaire au nôtre, daté lui de 1925 et de fonte Valsuani également (Vente Christies du 4 juin 2018, lot 381).
Le musée Bonnat-Helleu conserve un bronze en pied Portrait de Paulette Helleu, debout, les bras dans le dos (H. 46,5 cm) daté de 1930. La physionomie, le traitement de la chevelure et la sensibilité du modelé vont une nouvelle fois dans le sens de l’identification de notre buste. Par ailleurs, la représentation par Troubetzkoy du même modèle de jeune fille à la fois en pied (statuette) et en buste (taille réelle) a déjà été traitée dans l’œuvre du sculpteur puisqu’il a ainsi représenté en 1910 Barbara, la belle-fille de William Kissam Vanderbilt.







