PUYS OU PÊCHEUSE DE VIGNOTS (1874)

Jean-Baptiste CARPEAUX

Bronze à patine brun nuancé, signé « JB Carpeaux », titré « PUYS » et situé  « Dieppe 1874 ».`
Porte le cachet « PROPRIÉTÉ / CARPEAUX » avec l’aigle impériale
H. 72 x L. 24 x P. 23 cm
Circa 1874

Autres exemplaires : Bronze, Musée d’Orsay, Paris (inv. ChB 256) ; Musée des Beaux-Arts de Valenciennes ;  plâtre, Petit-Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, PPS1569

Bibliographie : M. Poletti, A. Richarme, Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur : catalogue raisonné de l’œuvre édité, Paris, 2003, p. 95, modèle référencé sous le n° SE 18 ; M. Poletti, Jean-Baptiste Carpeaux – l’homme qui faisait danser les pierres, Paris, 2012, p.176

Description

La Pêcheuse de Vignots compte parmi les dernières œuvres conçues par Jean-Baptiste Carpeaux et constitue le dernier modèle qui sera édité avant sa mort l’année suivante. Il naît, en juillet 1874, à la suite de la rencontre avec une jeune pêcheuse de vignots, nom donné en Normandie aux bigorneaux, lors d’un voyage de l’artiste le long de la côte de Dieppe, à Puys.

Déjà très affaibli par la maladie, Carpeaux avait été invité par Alexandre Dumas fils à séjourner près de sa propriété à Puys, dans une modeste maison en bord de mer. Comme il le confie à son ami Bruno Chérier, il remarque depuis la voiture « une jambe admirable sortant, dans le mouvement de la marche, de dessous les haillons qui ne descendaient que jusqu’aux genoux ». Séduit par cette vision il invite alors la jeune fille de seize ans à poser pour lui.

Dans cette œuvre Carpeaux alterne avec beaucoup de sensibilité entre une facture lisse réservée au corps de la jeune fille et un traitement plus impressionniste, en particulier pour les haillons. Il parvient ainsi à saisir avec spontanéité et fraîcheur le réalisme  de cette scène de pêche à pied, en restituant aussi l’inquiétude propre à tous ceux qui tirent leur subsistance de la mer.

Le modèle connaîtra une large diffusion, dans différents matériaux, surtout après la mort de Carpeaux. Seuls quelques rares exemplaires seront édités en bronze de son vivant. Ces derniers présentent, outre le cachet « Propriété Carpeaux » avec la marque de « l’aigle impériale », les indications du lieu «  PUYS » et de l’année 1874 comme sur notre exemplaire.

Celui-ci fait donc partie des rares exemplaires fondus du vivant de l’artiste ce que la grande qualité de la fonte et la belle patine brune chaudement nuancée ne font que confirmer.