Description
Le parcours de Carpeaux fut, sa vie durant, en tous points conforme à celui d’un chrétien ordinaire. Il reçut les rudiments d’une éducation catholique traditionnelle et mourut dans le giron de l’Église. Lors de son séjour romain, Carpeaux visita les églises et les collections d’art, élevant ainsi sa piété et ses aspirations professionnelles au contact direct des grands maîtres. C’est à travers les sujets religieux de Michel-Ange, et de la Pietà en particulier, que Carpeaux révéla et commença à exprimer ses sentiments les plus profonds.
C’est ainsi que le vendredi saint de l’année 1869, il écrivit à sa future épouse : « Oui, tendre Amélie, charmante fiancée, vous me soutiendrez, vous m’inspirerez pour faire un Christ en croix. J’en fais le vœu aujourd’hui. Cette grande image de la résignation me fera penser comme Michel-Ange, Léonard, Raphaël, et leurs nobles accents viendront à mon aide pour accomplir cette œuvre que je vous dédie à l’avance. »
Le plâtre original du Christ offert par Carpeaux à sa femme est aujourd’hui conservé au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de Paris (Inv. PPS1579), et une terre cuite au musée des Beaux-Arts de Nice. Quelques épreuves en argent et en bronze ont été exécutées dans les ateliers de Carpeaux : une épreuve en bronze est mentionnée dans la vente « Carpeaux » en 1894 et une autre dans une collection parisienne, ce qui rend notre exemplaire rarissime. L’agrandissement du Christ en Croix en bronze est réalisé par Carpeaux en 1874 pour l’église Notre-Dame d’Auteuil.
Carpeaux fut durablement captivé par l’image du Christ mort qu’il devait ressentir comme un écho à ses propres souffrances : sa fille Louise affirme qu’il courait les marchés aux puces à la recherche de crucifix d’ivoire, dont il copiait ensuite l’expression dolente et l’anatomie torturée, comme en témoignent ses nombreux dessins et esquisses en terre cuite.






