MATER DOLOROSA (ESQUISSE) (1869)

Jean-Baptiste CARPEAUX

Terre cuite signée « JBt Carpeaux »
Porte le cachet à l’Aigle impériale Propriété Carpeaux
H. 71 x L. 54,5 x P. 34 cm
Circa avant 1872
Peu d’exemplaires

Œuvre en rapport : Mater dolorosa (finie), marbre.

Bibliographie : M. Poletti, A. Richarme, Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur : catalogue raisonné de l’œuvre édité, Paris, 2003, p. 135, modèle référencé sous le n° BU 33. Sous la direction de Édouard Papet et James David Draper, Carpeaux 1827-1875 Un sculpteur pour l’empire, catalogue d’exposition, New York, The Metropolitan Museum of Art 10 mars – 26 mai 2014, Paris, musée d’Orsay 24 juin – 28 septembre 2014, pages 251-252.

Description

 

Fin 1869 : Carpeaux sculpte une tête censée exprimer le chagrin de la Vierge pendant la Passion, mais inspirée par un fait vécu. On doit à Louise Clément-Carpeaux le récit de cette genèse insolite : « […] ayant rencontré au square de la Trinité son modèle Jacintha pleurant la mort de son fils, il la faisait monter en voiture avec lui et la ramenait à Auteuil. Là, laissant parler la jeune mère qui, entre ses sanglots, lui conte l’agonie de son enfant, le statuaire exécute, en deux heures, le buste douloureux de la Mater Dolorosa. » On peut imaginer l’intensité psychique de cette séance de pose durant laquelle le sculpteur voit son génie catalysé par la souffrance de cette femme, libérée par l’expression de sa détresse.

Les oeuvres fortes de Carpeaux sont souvent comme ici modelées dans l’intensité d’une émotion première, comme le buste de son frère violoniste exécuté une heure après sa mort. Le modelage est ici très vigoureux réalisé dans le feu de l’action par de multiples ajouts de terre travaillés en épaisseur.

Cette œuvre aux fortes résonnances baroques puise son inspiration dans la tradition française ; la tête de la Vierge, recouverte d’un imposant voile plissé, évoque la Pietà de marbre (1727-1728) de Nicolas Coustou, à Notre-Dame de Paris, dont Carpeaux a tiré une esquisse au crayon (crayon noir sur papier quadrillé, 14 x 8,6 cm, Valenciennes, musée des Beaux-Arts, in. CD97, fol. 16 verso).

Il en existe peu d’épreuves en terre cuite du vivant de l’artiste.